
Un conte de Jean-Marie Robillard illustré par Florent Espana
Résumé : « C’est une chanson fredonnée par les vagues qui pousse Petit Nuage à entreprendre un long voyage, des côtes de la Sierra Leone aux frontières du désert malien. Il va suivre ainsi, au gré du vent, le cours tranquille du fleuve Niger jusqu’aux terres arides du Pays Dogon. Mais pourquoi un si long voyage?… La réponse est dans la chanson des vagues. »
« Le voyage de Petit Nuage » est un conte sur la générosité et le partage : « Donner ce que l’on a de plus précieux à ceux qui en ont le plus besoin ». Au travers du voyage de ces nuages, c’est aussi l’Afrique qui en toile de fond nous laisse découvrir ses richesses.
L’auteur
Jean-Marie ROBILLARD (né en 1950) a passé son enfance dans un petit village des côtes de la Manche, à une heure de bateau des Iles Chausey où sa famille séjournait pendant les vacances d’été. Et c’est dans les paysages familiers de cette enfance heureuse qu’il situera plus tard la plupart de ses histoires.
Instituteur à la retraite, il a travaillé pendant près de quarante ans en compagnie des enfants et c’est tout naturellement qu’il a choisi de s’adresser à eux lorsqu’il a décidé de s’essayer à l’écriture.
Depuis une trentaine d’années, il a publié des recueils de nouvelles, des albums et des comptines aux éditions « Flammarion » et « Milan » : « Les chants du coquillage », « Jean des oiseaux », « La route des matelots », « La chouette d’Emilie », « Des traces sur la neige », « Tempête », « Loup-Gris », « Dans la forêt du bout du monde » et « Saperlipopette ».
« Ecrire pour les enfants, dit-il, c’est une façon de retrouver le petit garçon que j’étais. Je suis en effet quelque peu nostalgique des jours heureux de cette époque où l’on savait encore prendre le temps de vivre et savourer des plaisirs simples.
A travers mes premiers textes, ceux des recueils de nouvelles, j’avais envie de dire aux enfants qu’on peut tisser bien du bonheur avec trois bouts de laine et beaucoup d’amour, qu’on peut ressentir plus de plaisir à partager qu’à posséder et que la nature qui nous entoure recèle bien des trésors.
Ces petites histoires étaient chaleureuses, émouvantes souvent (j’aime les émotions, tristes ou joyeuses) et mettaient en scène les gens simples (marins, paysans) que j’ai toujours côtoyés.
Ayant décidé, depuis quelques années, d’écrire plutôt des textes d’albums, mes histoires sont maintenant un peu moins ancrées dans le réel (plus proches du conte) et d’inspiration plus variée.
Pour moi, l’écriture est un passe-temps que je pratique pour le plaisir, sans aucune contrainte. J’écris donc ce qui me plaît, quand ça me plaît, et comme il me plaît. Je le fais « en artisan », avec le goût du travail bien fait. Particulièrement sensible à la musique des mots et au rythme de la phrase, j’essaie, très humblement, d’écrire dans une langue qui « coule bien » (mon rêve serait d’écrire en prose rythmée, à la manière d’Henri Gougaud). C’est un exercice difficile… Mais aussi un grand plaisir !
En ce qui concerne « Le voyage de Petit Nuage », j’ai écrit ce texte au retour d’un séjour au Mali.
Un jour, lors d’une randonnée en pays Dogon, deux petits nuages blancs dérivaient dans l’immensité d’un ciel uniformément bleu. L’ami qui cheminait à mes côtés et que cette présence insolite étonnait comme moi, m’a dit tout simplement « Tu imagines leur voyage pour arriver ici ! ». Aussitôt, mon imagination s’est mise à galoper et en quelques heures, nourrie par les images des trois semaines que je venais de passer au Mali, la trame de « Petit Nuage » était échafaudée.
C’est un texte plutôt descriptif sur la vie et les paysages africains. L’histoire n’est qu’un prétexte au voyage. Mais j’ai essayé qu’elle soit aussi, de façon sous-jacente, porteuse de quelques « messages ». Entre autres, que l’eau est un trésor à partager et que sur le chemin qui mène vers les autres, on peut faire un merveilleux voyage. »
L’illustrateur
Né à Villeurbanne (1983), Florent Espana a grandi à Lyon dans le quartier de la Croix-Rousse où il vit toujours. « J »aime la Croix-Rousse, dit-il, c’est le terrain de jeu de mon enfance et aujourd’hui une des sources de mon inspiration. Ce lieu me rattache aussi à mes premières expériences artistiques et a vu grandir mon amour pour l’art. »
Illustrateur, Florent Espana est avant tout un peintre. S’il exécute des peintures de commandes, il expose régulièrement ses toiles personnelles en France mais aussi à l’étranger.
Quant au texte de Jean-Marie Robillard, Florent a été séduit par son univers descriptif. « Il s’attache à raconter avec passion ses visions magnifiques. Je l’ai lu comme un enfant écoutant un vieux sage et j’ai été transporté. A partir de là, j’ai eu vraiment hâte de commencer à travailler. J’ai décidé de traiter et d’aborder le livre comme un carnet de voyage et j’ai redécouvert le texte au fur et à mesure de mon avancée. Le texte étant riche de détails, je me suis confectionné une large banque de documentation (films, images en tout genre, paysages, individus, animaux,objets d’art…). Puis, j’ai modelé mon univers de peintre autour de son récit et ce fut une expérience très agréable !
J’ai travaillé avec de l’huile de Hollande (intensité superbe du pigment) sur des panneaux de bois.
En réalisant ce livre, je me suis vu en Afrique, (terres encore inconnues pour moi), et ça m’a fait beaucoup de bien. Aussi, j’ai tenté de restituer ma vision de l’Afrique : belle, généreuse, intemporelle, colorée, lumineuse, radieuse ! Maintenant j’ai très envie d’y aller ! «